
18 juin 2026
WINNIPEG – Dans une lettre adressée jeudi au Musée canadien des droits de la personne (CMHR), B’nai Brith Canada a souligné de graves lacunes dans le processus menant à la mise en place d’une prochaine exposition consacrée au conflit israélo-palestinien.
« Une institution nationale financée par des fonds publics se doit de traiter équitablement les communautés concernées, de mener des consultations constructives lorsqu’elle s’est engagée à le faire, et de mener son processus décisionnel de manière transparente, équilibrée et conforme à son mandat, » indique la lettre.
Le texte intégral de la lettre est accessible ici.
L’exposition, intitulée « Palestine déracinée : la Nakba, hier et aujourd’hui », doit ouvrir ses portes le 27 juin.
À plusieurs reprises, B’nai Brith Canada a exhorté le Musée à mener des consultations constructives avec la communauté juive. En effet, le contenu de l’exposition – dont les détails restent flous – risque de promouvoir des récits révisionnistes et partiaux sur le conflit israélo-arabe.
Dans sa lettre, B’nai Brith Canada a déclaré qu’il « attendait » du CMHR qu’il prenne les mesures suivantes :
- Suspendre immédiatement et reporter l’inauguration de l’exposition, actuellement prévue le 27 juin 2026, jusqu’à ce qu’une consultation en bonne et due forme ait été menée à bien;
- Divulguer, par écrit, l’identité de toutes les organisations et de toutes les personnes que le musée a consultées ou avec lesquelles il a collaboré dans le cadre de l’élaboration de l’exposition, ainsi que la nature et l’étendue de cette collaboration ;
- S’engager, par écrit, à mener un dialogue ouvert et de bonne foi ainsi qu’un processus de consultation constructif avec B’nai Brith Canada et la communauté juive au sens large concernant l’exposition et les documents qui l’accompagnent, selon un calendrier défini et raisonnable ; et
- Conserver, et s’abstenir de détruire, supprimer ou modifier tous les documents et archives relatifs à la conception, à l’élaboration et à la décision de mettre en place l’exposition, y compris les archives concernant tout organe consultatif et le processus d’engagement communautaire du musée.
Le B’nai Brith affirme en outre que « la confiance dans la structure de gouvernance actuelle a été gravement ébranlée » et que, par conséquent, des changements « significatifs » doivent être apportés au sein du conseil d’administration du musée.
« Le conflit israélo-arabe est un chapitre complexe et profondément controversé de l’histoire du Moyen-Orient », a déclaré Simon Wolle, directeur général du B’nai Brith Canada. « Les débats publics sur ce conflit donnent souvent lieu à des interprétations divergentes des événements historiques, des identités et des mouvements politiques, notamment en ce qui concerne Israël et le sionisme.
« Nous craignons que l’exposition du CMHR ne fournisse pas suffisamment de contexte sur certains aspects de cette histoire et qu’elle puisse, de ce fait, contribuer à des malentendus concernant Israël, le sionisme et la communauté juive. Dans le climat actuel, les présentations de ce sujet risquent de renforcer involontairement des idées fausses existantes ou de contribuer à des tensions sociales plus larges, y compris l’antisémitisme. »
Par exemple, de nombreux récits sur le conflit israélo-arabe ne tiennent pas compte de la persécution et, dans certains cas, de l’expulsion pure et simple des Juifs des pays arabes, tant lors des événements de 1947-1948 que durant les décennies suivantes.
« Nous ne savons pas non plus si le musée a fait appel, lors de ses consultations, à des historiens crédibles, spécialisés dans la guerre israélo-arabe de 1948 », a déclaré M. Wolle. « Surtout, le manque de transparence du musée est inacceptable compte tenu de sa mission, de ses obligations en vertu de la loi sur les musées et de son rôle important au sein de notre société. »