
4 février 2026
OTTAWA – B’nai Brith Canada avise le gouvernement fédéral de ne pas compromettre ses propres efforts dans la lutte contre l’antisémitisme.
Notre avertissement survient alors que les médias rapportent qu’Ottawa va supprimer le poste d’Envoyé spécial pour la préservation de la mémoire de l’Holocauste et la lutte contre l’antisémitisme, vacant depuis juillet dernier. Selon un communiqué de presse publié mercredi, le gouvernement va plutôt créer un nouveau Conseil consultatif sur les droits, l’équité et l’inclusion (CCDEI) au sein du ministère du Patrimoine canadien.
« Nous espérons que cette initiative servira les intérêts des Canadiens et permettra d’élaborer de véritables stratégies pour lutter contre la prolifération de la haine dans notre société », a déclaré Richard Robertson, directeur de la recherche et du plaidoyer de B’nai Brith Canada. « Malheureusement, le gouvernement n’a pas su tirer le plein potentiel de son Envoyé spécial, laissant le poste vacant en pleine crise de l’antisémitisme.
« Le nouveau conseil consultatif doit privilégier la lutte contre l’antisémitisme. Les chiffres ne mentent pas. Il est urgent d’agir pour affronter ce problème sans tarder. »
La décision du gouvernement survient une semaine après la conférence de presse de B’nai Brith Canada visant à exhorter le Parlement à mettre sur pied une Commission royale d’enquête sur l’antisémitisme. Nous avons également demandé au premier ministre Mark Carney de nommer une personne au rôle d’Envoyé spécial, une initiative que nous avons appuyée en principe, car elle offrait aux Canadiens juifs un ou une porte-parole de confiance au sein du gouvernement, ou de trouver une solution alternative.
En annonçant ce projet, le gouvernement a déclaré que le Conseil consultatif s’appuierait sur l’expertise d’éminents universitaires et responsables communautaires. Son mandat portera notamment sur l’antisémitisme, parmi d’autres formes de haine et de racisme, dans le cadre des efforts déployés à l’échelle du Canada pour améliorer la « cohésion sociale » et « protéger les droits et l’inclusion sociale. »
« Le nouveau Conseil consultatif ne doit pas diluer les efforts du Canada dans la lutte contre l’antisémitisme », a déclaré Simon Wolle, président-directeur général de B’nai Brith Canada. « L’antisémitisme a atteint des proportions inédites au Canada et nécessite une attention accrue. Le gouvernement doit s’assurer de ne nommer que des experts crédibles et compétents qui comprennent la nature particulière de l’antisémitisme et saisissent l’enjeu auquel nous sommes confrontés. »
B’nai Brith Canada exhorte également le Conseil consultatif à adopter la définition de l’antisémitisme de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA), laquelle a été adoptée par le Canada en 2019.
« La création de ce nouveau conseil ne change rien à la nécessité pour le Canada de mettre en place une Commission royale d’enquête sur l’antisémitisme », a déclaré M. Wolle. « Selon les statistiques officielles, les Canadiens juifs sont plus souvent pris pour cible que les autres minorités. Ce problème s’est aggravé depuis le 7 octobre 2023, date à laquelle le Hamas a attaqué Israël, massacré des civils et pris des dizaines d’otages. »
En janvier dernier, le gouvernement a réaffirmé son engagement national dans la lutte contre l’antisémitisme, reconnaissant que le terrorisme et les menaces violentes visant les Juifs ont considérablement augmenté au cours des trois dernières années.