
23 décembre 2025
CHARLOTTETOWN, Î.-P.-É. – La police des Maritimes, suite à l’intervention de B’nai Brith Canada, poursuit un propagandiste néonazi prolifique pour incitation délibérée à la haine, en plus d’infractions liées aux armes à feu.
Matthan Runighan, de l’Î.-P.-É., administrait un groupe Facebook appelé « National Socialists » et glorifiait l’Allemagne nazie, a révélé B’nai Brith Canada dans une plainte déposée auprès des forces de l’ordre.
Sur les réseaux sociaux, il a diffusé de odieuses théories antisémites, affirmant notamment que les Juifs contrôlaient la traite d’esclaves et étaient responsables des attentats terroristes du 11 septembre. Dans ses publications publiques, il qualifie les Juifs de « démons », de « rats » et de « virus », des clichés classiques utilisés pour déshumaniser le peuple juif.

« La haine n’a pas de place au Canada », a déclaré Henry Topas, directeur régional de B’nai Brith Canada pour le Québec et le Canada atlantique.
« Nous sommes fier d’annoncer que Runighan a été arrêté après que des citoyens aient signalé son comportement haineux via le formulaire en ligne anti-haine de B’nai Brith Canada. Nous avons réalisé une enquête approfondie, comme pour tout rapport que nous recevons, et avons collaboré avec la police.
« Nous continuerons de travailler avec nos partenaires dans les Maritimes pour surveiller, documenter et combattre l’antisémitisme et toutes les formes de haine. »
En août, suite à des signalements provenant de citoyens inquiets et de B’nai Brith Canada, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a exécuté un mandat de perquisition au domicile de Runighan. Les agents l’ont placé en détention après avoir découvert qu’il avait acquis des armes à feu sans permis – sa demande avait été refusée en partie en raison de ses déclarations publiques inquiétantes – et qu’il les entreposait de manière inadéquate.
Mardi, Runighan a été accusé d’avoir délibérément incité à la haine contre la communauté juive, en plus d’infractions liées aux armes à feu. Il est détenu depuis octobre, date à laquelle il a été arrêté à nouveau pour avoir enfreint les conditions de sa libération initiale, selon la GRC, en continuant à publier des messages haineux en ligne.
Dans son Audit annuel des incidents antisémites au Canada pour l’année 2024, B’nai Brith Canada a recensé 179 incidents dans les Maritimes, soit une augmentation significative depuis 2022. Les activités néonazies ne sont pas inconnues à l’Î.-P.-É., où un propriétaire a hissé un drapeau nazi en 2019, provoquant une vague d’indignation à l’échelle nationale.
Il y a tout juste une semaine, le travail de B’nai Brith Canada a résulté dans une affaire similaire concernant un extrémiste antisémite à Saskatoon, Sask., qui a également été arrêté pour des infractions reliées à la propagande haineuse et aux armes à feu.
« L’augmentation du nombre d’individus armés, radicalisés et animés par la haine dans ce pays devrait préoccuper tous les Canadiens », a déclaré Richard Robertson, directeur de la recherche et du plaidoyer de B’nai Brith Canada. « Le gouvernement fédéral doit se réveiller à la menace existentielle que représente l’extrémisme qui a infecté notre société et qui met en danger la vie de tous les Canadiens. »