juste vingt-cinq ans après que la Charte canadienne des droits et libertés a constitutionnalisé les droits à l’égalité et reconnu l’héritage multiculturel du Canada, l’orage gronde dans la société canadienne au sujet de « l’accommodement raisonnable » des besoins des groupesminoritaires. Cela a préparé la voie à des conflits continus et de plus en plus ouverts, qui dressent la culture dominante contre les groupes religieux bien établis et les communautés d’immigration plus récentes. Quelles que soient les illusions que les Canadiens peuvent avoir sur le succès dumodèlemulticulturel, les tensions interculturelles sont vivaces dans ce pays, à l’image de ce qui passe dans lemonde. Cette lutte se reflète dans l’éventail des incidents antisémites contenus dans ce Rapport des incidents d’antisémitisme pour l’année 2007.
En 2007, l’oeil de la tempête soulevée par les accommodements raisonnables s’est situé surtout auQuébec où la Commission Bouchard-Taylor a servi de paratonnerre à l’expression publique du sectarisme et des griefs mesquins envers les minorités de la province, y compris la communauté juive. Cette tentative ratée de débat public exhaustif s’est traduite par une hausse importante du nombre d’incidents antisémites signalés au Québec, surtout aumoment où les audiences de la Commission étaient à leur apogée, preuve que les préjugés latents fleurissent ouvertement quand on leur en donne l’occasion.
Mais le débat sur les accommodements raisonnables ne touche pas que les Québécois. Les derniers vingtcinq ans ont vu une poussée de l’immigration dans tout le pays et selon les derniers chiffres de Statistique Canada, une personne sur cinq au Canada est née à l’étranger. De telles constatations laissent entrevoir la probabilité d’une augmentation des demandes d’accommodement raisonnable de coutumes religieuses et demoeurs culturelles différentes partout au Canada – la façon dont les Canadiens vont vivre ce phénomène croissant sera le test décisif pour juger du véritable degré de confort des Canadiens à l’égard de « l’autre » visible.
At a time when there is a growing public acceptance of a certain level of hate activity as 'tolerable' to society, the Audit reminds us of the ugly face of racism and highlights its disturbing impact on ordinary people of all ages and backgrounds, in a range of private and public settings, borrowing from hatreds both ancient and modern-day. It reminds us as well of the need to be vigilant in identifying and countering its spread.
Maintenant dans sa 26e année, le Rapport des incidents d’antisémitisme de la Ligue des droits de la personne est non seulement un instantané du sectarisme et de la discrimination à l’égard de la communauté juive mais un baromètre du degré de préjugés du pays envers les groupesminoritaires en général. Le contexte du débat sur les accommodements raisonnables n’est qu’une des toiles de fond de l’étude de l’antisémitisme dans ce Rapport. À mesure que l’antisémitisme prend de nouveaux visages et émerge dans de nouveaux endroits, il est nécessaire d’étudier chacune de ses nouvelles dérives afin de pouvoir suivre les nouvelles tendances et l’évolution desmodèles.
À un moment où le public se fait de plus en plus à l’idée qu’un certain niveau d’activités haineuses peut être considéré comme « tolérable » par la société, le Rapport nous rappelle la face laide du racisme et souligne ses répercussions inquiétantes sur les gens ordinaires de tout âge et de tous les milieux, dans un large éventail de lieux privés et publics, en empruntant aux haines d’hier et d’aujourd’hui. il nous rappelle aussi la nécessité d’être vigilants pour identifier et enrayer sa progression.
La préparation du Rapport annuel n’est qu’un des volets de l’aide apportée par la Ligue aux victimes d’antisémitisme. Les incidents contenus dans le Rapport sont signalés à la Ligue des droits de la personne de B'nai Brith de plusieurs façons : par son service téléphonique antiraciste 24 h/7 j [1-800 892 BNAI [2624]; à travers le service de signalement de son site Web (www.bnaibrith.ca); au siège national de B'nai Brith à Toronto; à ses bureaux régionaux et à son réseau de bénévoles locaux à travers le pays. Ces incidents sont corroborés, documentés et analysés en collaboration étroite avec les services de police et les organisations de la communauté juive. Les victimes reçoivent une aide respectueuse de leur culture et sont, au besoin, référées à la police, aux services juridiques ou à des forums sur les droits de la personne. Soutenues par une éducation antiraciste, des campagnes en faveur des droits de la personne et des interventions juridiques/législatives, ces initiatives en première ligne permettent à la Ligue d’offrir un service précieux non seulement à la communauté juive mais à toute la société canadienne.
En 2007, on a signalé 1 042 incidents à la Ligue des droits de la personne, une hausse générale de 11,4 % par rapport à l’année précédente. Cette statistique crève le plafond de 1 000 incidents, ce qui aurait semblé impensable il y a quelques années. Un tableau sur cinq ans révèle que le nombre d’incidents a presque doublé depuis les 584 incidents du Rapport 2003. Un tableau sur 10 ans révèle une tendance à la hausse, sauf une petite interruption en 2005, et des incidents qui ont plus que quadruplé depuis 1998 qui en avait compté 240. il y a 26 ans, quand la Ligue a publié son premier Rapport, on comptait seulement 63 incidents.
Ces chiffres semblent ne pas concorder avec les rapports d’autres grandes communautés juives dans le monde souvent utilisées comme points de comparaison. Le royaume-Uni a vécu une baisse de 8 %, passant de 594 incidents en 2006 à 547 en 2007; la France a connu une baisse de 31%, soit 371 incidents en 2006 contre 256 en 2007. Outre-frontière, l’Anti- Defamation League (ADL) rapporte une baisse globale de 13 % aux États-Unis, de 1 554 incidents en 2006 à 1 357 en 2007.Toutefois, la hausse est frappante à New York où vit la majorité des juifs américains et où la communauté ultraorthodoxe est très visible; les incidents y ont augmenté de 23,5 %, de presque un quart, passant de 284 en 2006 à 351 en 2007.
On se serait attendu que les chiffres canadiens reflètent une tendance à la baisse semblable vu l’absence des éléments déclencheurs habituels qui accompagnent les affrontements auMoyen-Orient. Nous reviendrons sur les explications possibles de cette anomalie [voir la section sur les Modèles de survenue des événements]. En Australie, où l’année de signalement s’est terminée en septembre 2007, les chiffres révèlent une situation plus près de la situation canadienne avec une hausse de 8 % par rapport aux 12 mois précédents pour un total de 638 incidents.
Au Canada, la communauté juive constitue à peine 1 % de la population totale selon le recensement 2006 de Statistique Canada. Malgré un poids démographique aussi faible, les constatations du Rapport reflètent encore une fois les rapports de police et révèlent un ciblage disproportionné de la communauté juive par rapport aux autres groupes ethniques et religieux, une tendance qui s’est intensifiée régulièrement depuis dix ans.

Fait intéressant, le Rapport statistique sur les crimes haineux pour 2006 publié l’an dernier par le FBi indique que, sur les 1 462 crimes haineux contre la religion signalés aux É. U., 967 ou 65,4 % étaient issus du préjugé antijuif de l’auteur. venait ensuite la communauté musulmane : 156 incidents (11,9 %) relevaient d’un préjugé anti-islamique. Cela correspond aux constatations de la police au Canada où les rapports de police sur les crimes haineux continuent de révéler que les juifs sont parmi les groupes les plus ciblés au Canada, parfois le plus ciblé. C’est le cas pour Toronto et la région de York en 2007, par exemple.
Comme dans le passé, les incidents sont survenus partout au pays, en région rurale comme en région urbaine. On se serait attendu que les zones urbaines, où réside la majorité des communautés juives, connaissent la hausse la plus marquée de l’activité antisémite comme dans les Rapports précédents. Toutefois, en 2007, c’est dans les centres où la présence juive est moins importante que les tendances à la hausse sont les plus significatives, y compris leQuébec régional et l’Ontario régional, autre anomalie dans le Rapport de cette année.
Au Québec, Montréal excepté, les incidents ont presque quadruplé, passant de 11 en 2006 à 42 en 2007. En Ontario – exception faite des centres urbains de Toronto et d’Ottawa où le nombre de signalements a baissé – les incidents ont presque doublé, passant de 52 en 2006 à 95 en 2007. Dans l’ouest, l’augmentation des incidents est importante en Colombie-Britannique (41,9%), en Saskatchewan (128,6 %) et au Manitoba (64 %); seule l’Alberta a vu une baisse substantielle, de 37,8 % en 2007.
Sans oublier les nombreuses variantes émergentes de l’antisémitisme, nous remarquons que ce phénomène continue de s’étendre dans de nombreux milieux, y compris lemonde syndical, les installationsmédicales, les magasins de détail et autres endroits habituellement cléments où l’on ne s’attendrait pas normalement à voir l’antisémitisme semanifester.

Les 1 042 incidents signalés au Canada se répartissent comme suit : 699 cas de harcèlement, par rapport à 588 en 2006. Cette catégorie représente 67,1 % du nombre total d’incidents pour 2007.On a recensé 315 cas de vandalisme, soit 30,2 % du total, une baisse marginale par rapport aux 317 cas de 2006. En outre, 28 cas (2,7%du total) comportaient de la violence, contre 30 cas en 2006.
Au-delà de la baisse d’ensemble, une analyse des changements dans le modèle de la violence s’impose. Les cas de violence ont baissé de 6,7%par rapport à 2006, mais ont grimpé en flèche dans le Grand Toronto, passant de 16 à 20 cas, une hausse de 25 %, ce qui correspond à une tendance apparente vers une violence croissante dans les quartiers défavorisés du centre de Toronto depuis quelques années.
Les données du Rapport suggèrent que le harcèlement reste la méthode préférée en 2007, où il représente lamajorité (67,1%) des incidents signalés à travers le Canada. Les cas de harcèlement ont augmenté de 18,9 % par rapport à 2006, où il y en avait eu 588. En fait, la proportion des incidents de la catégorie « harcèlement » par comparaison au nombre total de cas a augmenté de 4,2%par rapport à 2006. Les termes utilisés continuent d’être colorés, dégoûtants et perturbants. Dans cette catégorie, le nombre de menaces ouvertes de violence – menaces de mort, alertes à la bombe et menaces d’agression – est passé de 82 en 2006 à 95 en 2007, une augmentation de 15,9 %.
En 2007, les cas de vandalisme au pays ont à peine baissé par comparaison à l’année précédente. Toutefois, le Québec (hors Montréal) et l’Ontario (hors Ottawa et Toronto) ont connu des hausses significatives. Le Manitoba a aussi connu une hausse de 33,3 %, passant de 12 incidents en 2006 à 16 en 2007. Malgré une baisse de 5,4% dans cette catégorie à Toronto, c’est l’Ontario qui a connu le plus d’incidents concernant des synagogues (sept sur 22). En Colombie-Britannique, le nombre d’incidents de vandalisme, qui avait doublé de neuf en 2005 à 18 en 2006, a encore augmenté, passant à 20 cas en 2007, une hausse de 11,1 %, y compris le ciblage délibéré de deux synagogues.

On a signalé 22 incidents touchant des synagogues en 2007, contre 42 en 2006 et 35 en 2005. Les lieux de culte ciblés comprenaient des synagogues àMontréal, Winnipeg, Edmonton, richmond (C.-B.), Hamilton, Barrie (Ont.) et Toronto. Des graffiti méchants ont dégradé une synagogue d’Edmonton juste comme elle célébrait son 100e anniversaire au début de 2007. Cette même synagogue avait été attaquée à la bombe incendiaire en 2000. À richmond, une synagogue a été vandalisée pendant le jour commémoratif de l’Holocauste avec des graffiti, entre autres, de croix gammées et le dessin d’un homme que l’on pend accompagné dumot « jew » (juif ). Six incidents ont ciblé des centres communautaires juifs, y compris une attaque à la bombe incendiaire contre un centre communautaire juif de Montréal pendant le congé de la Pâque.
S’il ne fait aucun doute que demeilleuresmesures de sécurité autour de ces établissements – un fardeau financier assumé par la communauté juive – ont contribué à faire diminuer les incidents visant des synagogues, aucun relâchement n’est possible. Conscient de cette situation, le gouvernement fédéral a lancé un programme de subvention partielle de la sécurité des communautés vulnérables; les premières sommes seront versées en 2008.
Le besoin d’une vigilance constante est illustré par les neuf cas de profanation de cimetières en 2007, un nombre important quand on pense qu’il y avait eu seulement un cas en 2006 et deux en 2005. Ce chiffre est semblable aux constatations de 2004, année qui avait compté dix cas. En 2007, dans un cimetière juif d’Ottawa profané trois fois en trois mois, plus de 66 pierres tombales ont été dégradées.
En 2007, le nombre de résidences privées qui ont fait l’objet de vandalisme a augmenté, passant à 132 par rapport à 118 en 2006. Cela représente une hausse constante depuis les 95 cas consignés en 2003 et une hausse de 38,9%en cinq ans. Les déclarations des victimes sur l’impact des incidents ne laissent aucun doute que l’augmentation des attaques contre les juifs à leur domicile a renforcé le sentiment de vulnérabilité de la communauté.
Il y a eu 31 cas directement reliés au lieu de travail de la victime, une baisse par comparaison aux 49 cas recensés en 2006. Le harcèlement au travail par des collègues et des superviseurs continue et les refus d’accommoder des demandes concernant les fêtes religieuses ont souvent été suivis de harcèlement. Sept incidents ont eu lieu dans les milieux gouvernementaux; dans un cas, la fonctionnaire a reçu desmenaces continues dans le cadre d’une campagne plus globale de harcèlement.
Il y a eu 82 incidents enmilieu scolaire, une hausse de 51,9%sur les 54 cas recensés l’année d’avant.Dix-sept ont touché des externats juifs privés, en particulier des attaques contre des élèves juifs à Toronto,mais la très grande majorité des cas en milieu scolaire s’est produite dans le système public. vu les efforts concertés engagés pour importer de la propagande anti-israélienne dans les classes du secondaire, une telle hausse ne peut surprendre complètement puisque l’antisémitisme est souvent le sous-produit d’activités anti-israël virulentes.
Le nombre d’incidents sur les campus a augmenté de façon dramatique – il a plus que doublé, passant de 36 cas en 2006 à 78 en 2007. Sur les campus, les étudiants juifs nous disent que les préjugés et la discrimination qu’ils subissent sont marginalisés et leurs pratiques religieuses, dénigrées. L’activité anti-israël qui s’est répandue sur les grands campus canadiens a été directement reliée à des actes antisémites, y compris desmenaces de violence contre des étudiants juifs. Beaucoup d’étudiants disent s’être sentis intimidés à cause de l’environnement empoisonné créé chaque année par le festival haineux de la « Semaine contre l’apartheid d’israël ». Enmars 2008, par exemple, devant la dégradation de la situation, 125 professeurs de l’université de Toronto ont pris une pleine page de publicité dans le National Post pour protester contre les actions de l’université dans l’accueil de cet événement .
La Ligne antiraciste de la Ligue a reçu 310 signalements d’activité haineuse sur le Web avec des liens canadiens pour ce qui est du contenu, des auteurs de délits et/ou des victimes. C’est une hausse de 22%par rapport aux 254 cas signalés en 2006. Cela représente près de deux fois plus de cas en deux ans, par comparaison avec les 164 cas inscrits en 2005 et presque dix fois plus que les 32 cas consignés en 2003. Et le chiffre de 2007 ne représente que la pointe de l’iceberg quand il s’agit d’évaluer la pleine dimension de la haine sur le Web.
Presque un tiers de ces cas comprenaient des communications menaçantes ou harassantes. Comme le disait le Rapport 2006, il existe une tendance croissante à l’utilisation de blogues et de communautés de réseautage personnel pour diffuser du matériel haineux, des moyens d’une portée de beaucoup supérieure à celle desmoyens de communication traditionnels utilisés dans le passé pour véhiculer des opinions racistes ou sectaires. Les sites internet contenant dumatériel haineux comprenaient les sites de groupes néonazis et suprémacistes basés au Canada. Ces sites ont servi à annoncer des festivals de rock haineux et des réunions de groupes haineux. Ainsi, quand le concert d’un groupe a été annulé à Toronto à cause d’inquiétudes liées à un contenu haineux, les organisateurs ont trouvé un autre endroit et en ont informé les sympathisants au moyen de groupes de réseautage personnel sur internet. Étant donné que les Canadiens, en particulier les jeunes, sont parmi les gens les plus connectés du monde, la croissance de cette tendance est une source de préoccupation qui mérite une attention constante.
Il y a eu 55 cas de déni de l’Holocauste,moins que les 61 incidents signalés en 2006, mais beaucoup plus que les 17 cas de 2003. Les données de 2007 indiquent que la présence de ce type de propagande pernicieuse persiste au Canada, en dépit d’une condamnation officielle claire. Cependant, le fait que son université ait condamné haut et clair le professeur canadien qui a assisté à la conférence sur le déni de l’Holocauste en iran en 2006 illustre une répugnance sociétale générale pour cette forme d’antisémitisme.
Lamajorité des cas de déni de l’Holocauste impliquait des communications en ligne mais il y a eu aussi des événements comme l’accueil fait à un négateur de l’Holocauste lors d’un événement pour étudiants arabes à l’universitéMcMaster de Hamilton (Ontario).
La persistance du déni de l’Holocauste au Canada est clairement alimentée par les activités néonazis et suprémacistes continues au pays et à l’étranger. Les cas très médiatisés devant les tribunaux criminels et le tribunal des droits de la personne ont sans aucun doute alimenté certains des incidents de déni de l’Holocauste. Cela a été le cas suite aux procès en cour criminelle de jean Sébastien Pressault àMontréal et de Bill Noble en Colombie-Britannique où des affichages antisémites et racistes ont apparu sur des sites Web sous leur contrôle. Dans une des nombreuses affaires notables en matière de droits de la personne,TerryTremaine, basé en Saskatchewan, a été condamné à une amende pour dumatériel antisémite relié à son site Web.
Les croix gammées et les symboles nazis ont joué un rôle important dans 151 des cas de vandalisme signalés en 2007, une baisse de 20%par rapport aux 188 cas de 2006. Toutefois, la police indique que la croix gammée reste une caractéristique principale des graffiti de type gang à travers le pays, la preuve que l’utilisation de ce symbole pour intimider et promouvoir la haine est loin de tirer à sa fin.
Cette baisse apparente pourrait peut-être s’expliquer, entre autres, par le fait que plusieurs services de police disent qu’ils ne classent plus l’inscription de croix gammées comme un incident antisémite à moins d’avoir d’autres preuves de motivation, ce qu’ils n’ont guère de chances de découvrir vu l’anonymat des auteurs.
Le langage utilisé dans les cas de vandalisme continue d’être méchant et contient souvent des menaces de mort. Dans plusieurs cas, des vandales ont attaqué plusieurs endroits dans des quartiers résidentiels tranquilles, par exemple, dans des centres urbains plus petits comme Welland, Kingston, Georgina et Niagara Falls en Ontario. Des groupes suprémacistes sont aussi descendus dans les rues à Montréal, London et Calgary.
L’origine ethnique des auteurs d’incidents signalés a fait l’objet d’analyse quand on disposait de renseignements pertinents, par exemple, dans des rencontres face à face où l’auteur s’identifiait lui-même. Étant donné l’anonymat recherché par les auteurs d’activités haineuses, il n’est possible d’identifier l’auteur que si les faits sont clairs. En 2007, il y a eu 24 cas où l’auteur s’est lui-même identifié comme étant d’origine arabe, une baisse par rapport aux 68 cas de 2006. Ces incidents comprenaient une attaque à la bombe incendiaire contre un centre communautaire juif de Montréal, des attaques contre des ados manifestement juifs et unmédecin arabe qui a dit à son patient juif Or sa patiente juive que « les juifs commencent toutes les guerres ».
D’autres groupes ethniques se sont identifiés dans les incidents de cette année : chinois (2), polonais (4), allemands (4), autochtones (2), hongrois (4) et roumains (1). Ceux-ci incluaient des incidents de harcèlement , y compris deux cas de matériel antisémite dans des médias ethniques (chinois et hongrois).
Entre-temps, des sympathisants néonazis et des partisans de l’extrême gauche ont trouvé un terrain d’entente depuis quelques années : des factions d’extrême gauche empruntent à l’imagerie de l’Holocauste pour s’en prendre à israël et des groupes d’extrême de droite utilisent une rhétorique anti-israël pour masquer leur animosité antijuive. Cette alliance était évidente dans plusieurs des incidents survenus en 2007.
Whistler (C.-B.) – Le propriétaire d’un restaurant fait des remarques antisémites à une employée au milieu de vociférations racistes.
Winnipeg (MAN.) – Des croix gammées et des graffiti dégradent un bâtiment, y compris l’inscription « F*** les juifs. »
Montréal (Qué.) –Des graffiti signés « Snowdon Al Axsa » [sic] dégradent une synagogue, une référence au groupe terroriste des Brigades des martyrs al-Aqsa.
Toronto (Ont.) – Les mots « Mort aux juifs » sont écrits sur les murs d’une école publique.
Saint john (N.-B.) – Unmembre bien connu de la communauté reçoit des appels téléphoniques harassants.
Edmonton (Alb.) – La synagogue la plus ancienne d’Edmonton, Beth israel est dégradée pas des croix gammées et des épitaphes antisémites peu avant la célébration de son 100e anniversaire.
Ottawa (Ont.) –Des prospectus en faveur d’un siteWeb de déni de l’Holocauste sont distribués partout dans le centre-ville.
Fredericton (N.-B.) – Une élève du secondaire fait le salut nazi, raillant l’enseignante qui est manifestement pratiquante.
Ottawa (Ont.) – L’affiche électorale d’un candidat juif aux élections étudiantes sur un campus est couverte de graffiti antisémites.
Hamilton (Ont.) – Un groupe d’étudiants arabes passe un filmniant l’Holocauste sur le campus.
Windsor (Ont.) – Un patient laisse dans le bureau d’un médecin un DVD qui appelle à l’assassinat collectif de Juifs.
Toronto (Ont.) – Une alerte à la bombe est faite à un particulier à son domicile
Montréal (Qué.) – Dans une station-service, un client qui a identifié un autre client comme étant juif lui crache dessus.
Toronto (Ont.) – Dans un magasin d’alimentation au détail, un employé refuse de servir une cliente juive.
Winnipeg (Man.) – Un enseignant juif du système scolaire public reçoit une lettre au contenu antisémite affirmant que les juifs sont des ordures, qu’Hitler savait ce qu’il faisait et que les Juifs vontmourir.
Toronto (Ont.) – Un individu reçoit un appel anonyme sur son téléphone cellulaire disant : « si tu est juif, ta place est dans un four ».
Montréal (Qué.) – Un candidat politique répète des canards antisémites sur le pouvoir et la cupidité des juifs et accuse le « peuple juif » de « commencer des guerres pour s’enrichir ».
Toronto (Ont.) – Un jeune élève religieux est attaqué au moment de quitter son externat juif à la fin de la journée.
Montréal (Qué.) – Un centre communautaire juif est attaqué à la bombe incendiaire le deuxième soir de la Pâque.
richmond (C.-B.) – Des graffiti antisémites dégradent une synagogue le jour commémoratif de l’Holocauste, y compris le dessin d’un homme que l’on pend, avec le mot « Juif » écrit dessus.
Winnipeg (Man.) – Un pompier fait l’objet de commentaires antisémites au travail de la part de son superviseur, y compris des références aux fours d’Auschwitz.
Montréal (Qué.) –Un assaillant bat un jeune chasidique devant l’école juive Skver Toldos, celle-là même qui avait été attaquée à la bombe incendiaire en 2006.
Kingston (Ont.) – Des vandales s’en prennent à un quartier résidentiel tranquille etmultiplient les inscriptions de croix gammées et autres graffiti racistes.
Toronto (Ont.) – Un groupe d’étudiants du campus invite un conférencier américain connu pour ses opinions antisémites et pro-violence.
Toronto (Ont.) – Un rabbin est attaqué dans la rue en plein jour.
Val-David (Qué.) –Des inconnusmettent le feu à la résidence d’été d’un membre de la communauté juive chasidique deMontréal.
Ottawa (Ont.) – Un cimetière juif d’Ottawa est profané pour la troisième fois en troismois. Plus de vingt pierres tombales sont renversées et endommagées dans ce seul incident.
Mississauga (Ont.) – Lors d’une nuit de folie criminelle, de nombreuses propriétés privées sont dégradées par des graffiti.
Owen Sound (Ont.) – Une zone de conservation est inondée de graffiti antisémites.
Toronto (Ont.) – Comme un essaimd’abeilles, un gang attaque un élève visiblement pratiquant qui rentrait la maison.
Welland (Ont.) – Des voitures sont dégradées avec des croix gammées dans un quartier résidentiel.
Barrie (Ont.) – Des vandales couvrent une synagogue locale de graffiti antisémites.
Edmonton (Alb.) –Une école juive est vandalisée; parmi les dégâts une étoile de Davide haute de cinq pieds située devant l’école.
Calgary (Alb.) – Des croix gammées sont exposées bien en vue lors d’un rassemblement d’un groupe suprémaciste.
Toronto (Ont.) –Des élèvesmanifestement de religion juive sont attaqués sur le chemin du retour à lamaison.
Winnipeg (Man.) – Un homme retrouve sa voiture endommagée, avec lesmots « F*** jew[sic] » (F*** Juif [sic]) écrits dessus.
Bowmanville (Ont.) – Une famille juive trouve la porte d’entrée de sa propriété locative brisée et les murs couverts de croix gammées et de graffiti antijuifs et néonazis.
Georgina (Ont.) – Des inconnus dégradent neuf véhicules avec des croix gammées et des injures antisémites et homophobes.Des graffiti racistes sont peints à la bombe sur desmaisons des alentours.
Winnipeg (Man.) – Des graffiti antisémites dégradent une synagogue.
Saguenay (Qué.) - Un intervenant devant la Commission Bouchard-Taylor répète le canard selon lequel une « taxe cachère sur les aliments » fait partie d'un « complot juif pour faire monter les prix dans les supermarchés » ce qui « oblige les Québécois à payer pour les Juifs ».
St. Jérome (Qué.) - Un intervenant devant la Commission Bouchard-Taylor est applaudi quand il dit que les immigrants « achètent leur entrée auQuébec » et cite les Juifs comme le pire exemple parce que « on dit depuis toujours que les Juifs sont le tremplin de l'argent dans lemonde ».
Toronto (Ont.) – Des graffiti antisémites dégradent des maisons privées, y compris lamaison de survivants de l’Holocauste.
Ottawa (Ont.) – La maison d’un rabbin est dégradée avec une croix gammée.
Victoria (C.-B.) – À leur réveil, les résidents découvrent les mots « Les Juifs, c’est de la merde » gravés dans la fenêtre de leur immeuble.
Montréal (Qué.) – Comme un essaimd’abeilles, huit individus s’en prennent à un couplemanifestement juif en criant « Juif, Juif » et agressent physiquement l’homme.
Montréal (Qué.) – Lors d’une audience de la Commission Bouchard-Taylor, un individu affirme que la controverse liée au débat de l’accommodement raisonnable « est la faute des juifs », invoquant qu’ils contrôlent le système judiciaire
Winnipeg (Man.) – Une garderie et un centre communautaire sont dégradés par des croix gammées et des symboles du KKK.
Montréal (Qué.) – Un blogueur affirme que les Juifs « devraient cesser de jouer les victimes en exil et faire un effort pour devenir de vrais citoyens dans les pays où ils vivent ».
Windsor (Ont.) –Un membre juif de la faculté de l’éducation de l’Université de Windsor est menacé par des messages antisémites.
Montréal, (Qué.) – Un coup de fil anonyme fait au bureau régional de B’nai Brith accuse les Juifs de transformer le Canada en «égoutmulticulturel»
Halifax (N.-É.) – Un groupe de bavardage internet contient des images de noeuds coulants suggérant qui les juifs et autres minorités devraient être tués.
Île de Vancouver (C.-B.) – Une famille juive fait l’objet de remarques antisémites, apparemment pour s’être plainte parce que l’école de leur fils n’avait pas composé avec ses pratiques religieuses.
Saskatoon (Sask.) – Des canards antisémites affichés sur un site internet affirment que « l’arrivéemassive » des Juifs dans la province est unemenace pour l’emploi et les affaires.
Toronto (Ont.) – Les mezouzahs placées sur les portes des appartements d’un grand immeuble sont dégradées et arrachées des jambages.
Thornhill (Ont.) – Un rabbin reçoit un courriel contenant des épitaphes antijuifs reprises d’un site internet suprémaciste.
Des incidents ont de nouveau été signalés dans tout le pays. Comme dans le passé, les statistiques les plus significatives ont été collectées au Québec et en Ontario où réside la grandemajorité des juifs canadiens.

La majorité des incidents antisémites signalés au Canada s’est produite en Ontario : 582 incidents ou 55,9%du total de l’année dans tout le pays. C’est une hausse de 2,3 % par rapport à 2006 où la province avait connu 569 incidents.
Au nombre de 342, les cas de harcèlement ont diminué de 3,7 % par comparaison à 355 en 2006. Toutefois, le vandalisme a augmenté de 12,8 % pour atteindre 220 cas, plus que les 195 cas de 2006; les incidents violents ont augmenté de 5,3%à 20 cas, par rapport aux 19 signalés en 2006.
Les incidents en Ontario ont été répartis dans le Grand Toronto, Ottawa et l’Ontario régional (zones hors le Grand Toronto et Ottawa).
Dans les Rapports précédents, le Grand Toronto a toujours été la région où était signalé le plus grand nombre d’incidents. Cette région représente 41% des incidents signalés au Canada. Les 427 incidents consignés dans le Grand Toronto représentent une légère baisse de 4 % par rapport aux 445 cas de l’année précédente. Cependant, une étude sur cinq ans révèle une hausse de 35,6 % par rapport aux 315 cas de 2003. Les incidents se répartissent comme suit : 284 cas de harcèlement, 123 cas de vandalisme et 20 cas de violence. Les incidents comprenaient des agressions physiques, la dégradation demaisons et la profanation de synagogues et de cimetières.
La majorité des cas du Grand Toronto est survenue dans la ville de Toronto qui en compte 359, une hausse par rapport aux 344 incidents de 2006. Ce chiffre comprend 38 cas dans la région de York, une baisse par rapport aux 51 cas de 2006. Des 38 cas survenus dans la région de York en 2007, 25 se sont produits à Thornhill, quatre à richmond Hill, quatre à Markham et cinq à Newmarket. En 2006, il y avait eu 35 incidents à Thornhill, huit à richmond Hill, trois à Markhamet sept à Newmarket. il y a eu aussi 30 cas dans la région de Peel : 29 à Mississauga et un à Brampton,moins que les 48 cas de 2006, dont 17 s’étaient produits à Brampton et 31 à Mississauga.
Les cas de harcèlement et de vandalisme ont chacun diminué de 5 % par rapport à l’année précédente. Toutefois, si le nombre de cas de violence a diminué de 6 ,7 % dans l’ensemble du Canada, de tels incidents ont augmenté de 5 ,3 % en Ontario et de 25 % dans le Grand Toronto.
On a signalé 60 cas d’antisémitisme à Ottawa, soit 16 ,7 % de moins que les 72 cas en 2006. Les incidents comprenaient 31 cas de harcèlement et 29 de vandalisme. On n’a rapporté aucun cas de violence, contre deux cas en 2006. Les incidents comprenaient des graffiti antisémites sur desmaisons privées et des bâtiments publics, du harcèlement sur les lieux de travail au gouvernement et sur les campus de même que des profanations de cimetières.
L’Ontario régional (le Grand Toronto etOttawa exclus) a compté 95 cas en 2007, une hausse de 82,7%sur les 52 cas en 2006. La plupart des cas se sont produits dans les zones urbaines de la région, y compris London, Kitchener-Waterloo, Owen Sound, Barrie, Georgina, Windsor, Hamilton, Peterborough et Kingston.
Le total de 2007 comprenait une hausse des cas de harcèlement, 27 au lieu de 23, et 68 cas de vandalisme au lieu de 28 (une hausse de 142,9 %). Aucun cas de violence n’a été signalé en 2007, alors qu’un cas avait été signalé en 2006. Les incidents comprenaient du vandalisme contre des synagogues, des expéditions de graffiti dans des sites publics et sur des maisons privées demême que de la propagande haineuse sur les campus.
Les 291 incidents signalés représentaient 27,9 % des incidents signalés dans l’ensemble du Canada. Les incidents au Québec ont augmenté de 28,8 % par rapport aux 226 cas signalés en 2006. il y a eu 240 cas de harcèlement, 44 cas de vandalisme et sept incidents violents. Alors que le nombre d’incidents de vandalisme et de violence a baissé dans l’ensemble de la province, de 36,2 % et 30 % respectivement, par comparaison avec 2006, les cas de harcèlement ont augmenté de 63,3 % (240 en 2007 contre 147 en 2006).
Les chiffres pour le Québec se subdivisent entre Montréal et le Québec régional qui comprend les régions à l’extérieur de Montréal et de ses environs immédiats.
En 2007, 249 incidents ont été signalés à la Ligue, par rapport à 215 en 2006. Cela représente une hausse globale de 15,8 %. On a compté 214 cas de harcèlement, soit 50,7 % de plus que les 142 cas de 2006. Les cas de vandalisme ont baissé de 63 en 2006 à 28 en 2007 (une baisse de 55,6%) et les cas de violence sont passés de 10 cas en 2006 à sept en 2007 (une baisse de 30%). Les incidents comprenaient l’attaque à la bombe incendiaire d’un centre communautaire juif, des agressions physiques contre desmembres de la communauté juive, la profanation de synagogues et la dégradation de propriétés de la communauté juive, la profanation d’un cimetière et des proposmanifestement antisémites. En cinq ans, le nombre d’incidents à Montréal a bondi de 102 cas en 2003 à 249 en 2007.
Le Québec régional a connu 42 incidents en 2007 : 26 cas de harcèlement, 16 cas de vandalisme et, cette année encore, aucun cas de violence. Ces chiffres représentent une hausse dramatique puisque l’année précédente avait connu cinq cas de harcèlement et six de vandalisme. En cinq ans, les six incidents de 2003 dans cette région ont été multipliés par sept. ils comprenaient l’incendie criminel de résidences d’été appartenant à des juifs ultraorthodoxes et des propos antijuifs virulents exprimés en public pendant les audiences de la Commission Bouchard-Taylor à travers la province, y compris le canard de la « taxe cachère sur la nourriture ».
Il y a eu 41 cas en 2007, par rapport à 25 en 2006, une hausse globale de 64 % qui a touché toutes les catégories. Les incidents de harcèlement ont augmenté de 84,6%, passant de 13 en 2006 à 24 en 2007. Le vandalisme a bondi de trente-trois pour cent, passant de 12 cas en 2006 à 16 en 2007. Un cas de violence a été signalé alors qu’il n’y en avait eu aucun l’année précédente. Les incidents comprenaient des graffiti haineux sur des synagogues et une garderie, une attaque personnelle contre un enseignant juif respecté pour son travail en faveur des droits de la personne, le harcèlement d’un pompier au travail demême que des insultes racistes et desmenaces à l’endroit d’élèves juifs du secondaire qui visitaient une école publique. Les incidents signalés se sont tous produits dans la capitale de la province, Winnipeg.
Cette année, 16 cas ont été signalés, tous dans la catégorie « harcèlement. » Cela représente plus du double des sept cas consignés en 2006. Les incidents ont été avivés par le procès au criminel du leader autochtone déshonoré David Ahenakew et par les poursuites entamées contre un résident de la Saskatchewan, Terry Tremaine, en vertu des droits de la personne. La moitié des 16 incidents a eu lieu à regina et l’autre à Saskatoon, les deux villes principales de la province.
Il s’y est produit 28 incidents en 2007, soit 37,8 % de moins que les 45 cas de 2006. Huit incidents sont survenus à Edmonton, 19 à Calgary et un à Lethbridge. ils comprenaient 18 cas de harcèlement (contre 24 en 2006) et 10 de vandalisme (contre 21 en 2006). Comme l’année précédente, il n’y a eu aucun cas de violence en 2007.
Les cas de vandalisme comprenaient des attaques contre une synagogue et des maisons privées. Les cas de harcèlement comprenaient des activités suprémacistes, comme un rassemblement de l’Aryan Guard dans les rues de Calgary. Les poursuites judiciaires contre un résident à temps partiel de la province, Bill Noble, qui ont eu lieu en 2007 ont apparemment irrité ses sympathisants comme l’ont démontré certains cas de harcèlement. Les croix gammées et les symboles néonazis sont souvent revenus dans les graffiti identifiés au cours de l’année.Malgré une baisse appréciable dans la région, les activités liées à la haine restent une source d’inquiétude, à preuve la hausse par rapport aux 16 incidents signalés cinq ans plus tôt en 2003.
Les 61 cas signalés en 2007 représentent une hausse de 41,9 % des 43 cas signalés en 2006. Une étude sur cinq ans révèle unemontée en flèche des incidents par rapport aux 23 incidents signalés dans la province en 2003. Les chiffres de 2007 sont aussi douze fois plus élevés que les cinq cas consignés en 2002.
Les incidents se sont produits dans les villes de Vancouver (36) et de Victoria (18), et les sept autres, ailleurs dans la province. il y a eu 41 incidents de harcèlement, une hausse de 70,8%par rapport aux 24 cas de 2006. il y a aussi eu 20 cas de vandalisme, soit 11,1% de plus que les 18 cas de 2006. il n’y a eu aucun cas de violence signalé en 2007, alors qu’il y a eu un en 2006. Les rapports comprenaient des incidents sur les campus, des graffiti antisémites sur lesmurs d’entreprises et demaisons privées, le harcèlement d’élèves à l’école et le vandalisme d’une synagogue.
Les incidents signalés dans cette région ont augmenté de 15 %, passant de 20 cas en 2006 à 23 en 2007. Le nombre de cas de harcèlement (18) est resté lemême qu’en 2006 mais les cas de vandalisme ont plus que doublé, passant de deux en 2006 à cinq en 2007.
La répartition par province donne 15 cas en Nouvelle-Écosse, 6 au Nouveau-Brunswick et 2 à l’Îledu- Prince-Édouard. Aucun incident n’a été signalé à Terre-Neuve.
La tendance ascendante se poursuit dans la région – les incidents ont presque doublé depuis les 12 cas consignés en 2003. ils incluaient des activités suprémacistes sur les campus, le harcèlement d’une enseignante juive et d’un avocat local bien connu et des affichages haineux sur Internet.
Cette région comprend les vastes étendues du nord du Canada : les Territoires du Nord-Ouest, le Yukon et le Nunavut. Comme en 2006, il n’y a eu aucun cas dans cette région en 2007 alors qu’il s’en était produit un en 2005 et un en 2004.
Toutefois, des demandes de renseignements concernant les activités haineuses sur internet et des inquiétudes au sujet des accommodements raisonnables au travail indiquent que la région n’est pas à l’abri des questions qui inquiètent le reste du Canada.
Dans les années précédentes, les pointes d’incidents antisémites pendant certains mois ont souvent été attribuées aux crises internationales, surtout au Moyen-Orient. Cela valait certainement en 2006; cet été-là, les incidents ont brusquement grimpé aumoment de la guerre du Hezbollah contre israël. Les communautés juives à travers le monde ont fait des constatations semblables.
Toutefois, aucun déclencheur évident au Moyen- Orient en 2007 ne peut être lié aux incidents survenus ici au Canada, sauf l’animosité habituelle envers la communauté juive issue des campagnes anti-israël sur les campus et, de plus en plus souvent, dans les écoles secondaires.
En 2007, les incidents ont atteint des sommets en janvier avec 121 cas (11,6 % du total) et en novembre avec 143 cas (13,7 % du total). il semblerait que ces concentrations d’incidents peuvent effectivement être attribuées à des événements internationaux et nationaux étant donné que les Canadiens ne sont pas à l’abri des développements dans d’autres provinces et d’autres pays.
À la fin de 2006, déclarations génocides du président iranien Mahmoud Ahmadinejad à l’égard du peuple juif ont réconforté tous ceux qui haïssent les juifs tandis que la controverse autour du professeur canadien qui avait assisté à la conférence iranienne sur le déni de l’Holocauste a gardé la question dans l’actualité pendant une bonne partie de 2007. Bien que la condamnation de la participation du professeur Shiraz Dossa ait été générale, il est à remarquer que chaque fois que des questions touchant israël ou les juifs font la manchette, que la connotation soit négative ou positive, les antisémites clandestins tendent à faire surface d’un peu partout en nombres croissants.
La hausse marquée des incidents signalés en novembre – le nombre le plus élevé de l’année – peut être attribuée à un tout autre événement. La prépondérance de ces incidents au Québec (99 sur un total de 143 pour l’ensemble du Canada, plus de deux tiers des incidents du mois), suggère un lien évident avec les audiences de la Commission Bouchard-Taylor qui ont eu lieu à travers la province d’octobre à décembre 2007. La formule publique de la Commission et l’attitude de laissez-faire adoptée le plus souvent par les commissaires pendant une longue période ont fourni aux sectaires une tribune sans contrainte et une publicité gratuite illimitée pour diffuser leurs préjugés et leurs plaintes mesquines à l’égard de plusieurs minorités, y compris les juifs.
Le hasard ne peut pas expliquer le fait que le Québec régional – exception faite de la métropole montréalaise où sont survenus la plupart des incidents dans le passé – a connu presque quatre fois plus de cas en 2007, passant de 11 cas en 2006 à 42 en 2007. Cela semblerait indiquer l’existence d’un sentiment latent d’animosité envers les juifs qui n’attend qu’une occasion comme la Commission pour se cristalliser et surgir.
La coopération entre des policiers spécialistes des crimes haineux et les organismes communautaires qui représentent les victimes reste un élément vital de la lutte contre les activités haineuses au Canada. Comme en 2006, juste un peu plus d’un tiers des cas signalés à la Ligue ont aussi été signalés à la police par les victimes : seulement 372 sur un total de 1 042 incidents en 2007 (35,7%). Dix-huit accusations ont été portées en rapport avec des incidents signalés à la police. C’est un peu plus que les 15 accusations portées en 2006. Les services de police à travers le Canada restent aux prises avec des budgets limités quand ils essaient de rejoindre les divers groupes communautaires qui relèvent de leur compétence tout en respectant les exigences de leur division et de la Déclaration uniforme de la criminalité de Statistique Canada en matière de rapports.
Des attaques contre des sites de la communauté juive de Montréal ont amené la Ligue à demander encore une fois lamise sur pied d’unités spéciales des crimes haineux dans cette ville. La vigilance continue de s’imposer en ces jours d’inquiétudes accrues en matière de sécurité à cause des tensions auMoyen-Orient qui se répercutent sur la communauté juive au Canada. Comme le disait le chef rabbinique d’une synagogue montréalaise vandalisée en 2007, le fait que les policiers quimenaient l’enquête ne comprenaient pas la signification antijuive des graffiti utilisés dans l’incident a ajouté à la détresse de la communauté.
Des inquiétudes similaires ont surgi à Bowmanville (Ontario) quand la propriété locative d’une famille a été en grande partie détruite par un vandalisme vicieux, y compris des graffiti antijuifs remplis de haine. La police a indiqué quemalgré la nature antijuive évidente des graffiti, l’incident ne serait pas traité comme un crime haineux à cause du manque de preuves définitives quant à la motivation des auteurs. La frustration de la famille s’est encore accrue quand les accusations contre un suspect ont été abandonnées.
On espère que plusieurs poursuites judiciaires entamées en 2007 auront un effet dissuasif. jean Sébastien Pressault, un résident du Québec qui a plaidé coupable en 2006 à des accusations de crimes haineux liées au contenu antisémite et raciste de son site Web, a été condamné à six mois de prison dans une décision rendue au début de 2007. La Ligue a subséquemment découvert qu’un lien avec son site avait refait surface et a alerté les autorités, illustrant encore une fois la difficulté d’endiguer la haine qui émerge et ressurgit sans cesse sur internet.
L’automne de 2007 a vu la fin du procès à Prince George (Colombie-Britannique) du suprémaciste Keith Francis William (Bill) Noble accusé d’avoir « délibérément encouragé la haine à l’égard de groupes identifiables » en affichant du matériel haineux visant les juifs, les Noirs et d’autres groupes sur internet. En février 2008, il a été trouvé coupable et condamné à quatremois de prison. Ce n’était que la deuxième condamnation pour des accusations pour un crime de ce genre dans la province. Dans ses commentaires, l’équipe de lutte contre les crimes haineux en C.-B. a fait remarquer que « le contenu du siteWeb et le contenu des affichages étaient assez choquants pour satisfaire à la norme élevée [du Code criminel]. »
Les inquiétudes à l’égard des normes requises pour passer le test du Code criminel seront au centre des attentions lors du nouveau procès de David Ahenakew, le leader autochtone qui a tenu des propos antisémites à un reporter lors d’une conférence en décembre 2002. Plutôt que d’en appeler de la décision des tribunaux de la Saskatchewan de casser une condamnation antérieure, la Couronne a décidé de refaire un procès. La Ligue a fait part d’inquiétudes quant à des remarques faites au niveau de la Cour d’appel qui ont introduit de nouvelles exigences non prévues par le Code concernant ce que la Couronne doit prouver pour obtenir une condamnation.
Plusieurs affaires liées à des incidents signalés en 2007 passeront devant les tribunaux en 2008, y compris des cas de vandalisme en Ontario, en Colombie- Britannique et au Québec, où des suspects ont été identifiés à la suite d’attaques contre des synagogues. Des accusations contre des individus impliqués dans des agressions contre des écoliers à Toronto et à Montréal passeront aussi devant les tribunaux en 2008.
En 2007, le Tribunal canadien des droits de la personne a aussi rendu des décisions en vertu de la Loi canadienne sur les droits des personnes en vigueur dans plusieurs plaintes liées à internet concernant du matériel suprémaciste. En février, l’ancien chargé de cours en Saskatchewan Terry Tremaine a été condamné à payer une amende de 4 000 $ pour ses affichages remplis de haine à l’égard des juifs et d’autres groupes. il faitmaintenant face à des accusations d’incitation à la haine contraires au Code criminel. Le tribunal a imposé une amende semblable à l’accusé dans l’affaire Warman c. Wilkinson concernant des appels à la violence contre les juifs et d’autres groupes.
En octobre 2007, le tribunal a rendu sa décision dans l’affaire Warman c. Beaumont, imposant à l’accusé une amende de 1 500 $ pour des affichages haineux sur internet. Jessica Beaumont s’est aussi fait interdire tout affichage sur internet.
Plusieurs autres affaires liées à internet se poursuivront en 2008, y compris des plaintes contre Melissa Guille (Heritage Alliance) et Marc Lemire (Freedomsite), dont les audiences ne sont pas terminées. La Ligue est un intervenant dans l’affaire Lemire. La Ligue a aussi porté plainte en Colombie-Britannique alléguant que deux sites Web différents contiennent des propos antisémites virulents sous des dehors de rhétorique antisioniste.
L’usage sans cesse croissant d’internet et le nouveau phénomène des réseaux sociaux en ligne utilisés pour répandre la haine et initier des jeunes aux idéologies haineuses vont forcer de plus en plus le système des droits de la personne à intensifier son travail dans ces domaines. Les défis à relever sont énormes. Par exemple, quand on interdit à des semeurs de haine d’afficher dumatériel haineux, d’autres, animés desmêmes intentions, sont prêts à utiliser leur nompour le faire.De plus, les suprémacistes combinent l’activité en ligne avec des rassemblements publics, comme l’ont montré un rassemblement dans la rue à Calgary en 2007 et les tentatives de deux universités de l’Atlantique – Dalhousie et Saint Mary’s – de faire venir Jared Taylor, la coqueluche dumouvement suprémaciste installé aux É.-U., pour un débat sur des questions liées à la race.
DÉCLARATION DES DROITS DE LAVICTIMEPOUR LES VICTIMES D’ANTISÉMITISME ET AUTRES ACTES HAINEUX | |
Quand une personne fait l’objet d’un acte haineux, c’est toute la communauté qui est visée. Chacun des 1 042 incidents antisémites relevés cette année au Canada a aussi touché unemère, un père, un enfant, un grand-parent, une soeur, un frère, un ami, un voisi nou un collègue. Les victimes d’actes motivés par lahaine ont le droit d’être traitées avec compassion et dignité pour que leur souffrance ne soit pas aggravée quand elles en parlent. Elles ont droit aux protections suivantes dans leur quête de justice: |
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Les constatations du Rapport de cette année qui indiquent 1 042 incidents, un nombre record et une hausse de 11,4%pour 2007, soutiennent la conclusion de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe à l’effet que l’antisémitisme [traduction] « prend une variété de formes et devient relativement courant. » i Cette affirmation vaut pour l’ensemble du monde, comme en font foi plusieurs rapports annuels sur le phénomène de l’antisémitisme à l’échelon national et international.ii Au Canada, toutefois, on amis de l’avant la notion que l’antisémitisme, et même le racisme en général, sont des activitésmarginales et insignifiantes et qu’il vaut mieux les ignorer que les reconnaître et les combattre.
Cette marginalisation du racisme trahit une complaisance cavalière à l’égard des activités haineuses qui contredit tout à fait la gravité des constatations auxquelles ce Rapport en arrive pour le Canada. Les partisans de cette attitude nient un fait depuis longtemps accepté à l’international : des formes de racisme comme l’antisémitisme – souvent qualifié de « la plus vieille haine du monde » – ont « un pouvoir et une influence » considérables.iii En outre, balayer du revers de la main l’antisémitisme comme un danger révolu trahit unmanque de reconnaissance du fait que « l’antisémitisme relève à la fois du racisme et de l’intolérance religieuse, ce qui fait des actes antisémites des violations graves des droits internationaux de la personne. » iv Si l’on utilise les paradigmes deMatthew Lauder, un défenseur canadien des droits de la personne avec une expérience dans la lutte contre l’extrême droite, cela semble refléter un besoin dans certains secteurs de la société de se livrer à l’exercice qui consiste à [traduction] « ne voir dans les actes racistes que les actions de quelques individus enmarge de la société…libérant [ainsi] le statu quo de la responsabilité pour l’existence continue du racisme. » v
Cette question de la responsabilité d’agir de la société est un aspect fondamental de la discussion. Les entités et les personnes qui peuvent mener la charge pour minimiser les constatations de ce Rapport vont marginaliser les expériences traumatisantes des victimes dont ces pages racontent l’histoire. Elles vont ignorer une augmentation des incidents antisémites dans les écoles, sur les campus et contre des juifs canadiens dans leur propremaison demême que l’intrusion d’une escalade de l’antisémitisme dans les régions rurales.
Il est un secteur où ce type d’aveuglement est devenu particulièrement évident; ce sont les campus, où, année après année, les autorités universitaires accueillent une campagne rituelle de festivals anti-israël haineux. Et cela en dépit de la création d’une « atmosphère empoisonnée » qui a entraîné un incident après l’autre contre des étudiants juifs par des personnes apparemment revigorées par la propagande haineuse diffusée à longueur d’année contre l’État d’israël. Au nomde la « liberté de parole », on a laissé les propos haineux prendre racine au mépris des constatations claires d’experts internationaux des droits de la personne selon qui le « nouvel antisémitisme » se présente communément sous les dehors de l’opposition au sionisme et à l’existence ou aux politiques de l’État d’israël ».vi
Mettre ainsi l’antisémitisme sous le boisseau fait depuis longtemps partie des tactiques des néonazis et des suprémacistes qui empruntent à la rhétorique antiisraël pour exprimer leur haine des juifs,même s’ils ne s’intéressent pas au conflit auMoyen-Orient en tant que tel. Cette approche est manifeste dans de nombreux incidents signalés à la Ligue en 2007. il suffit de regarder les tactiques utilisées ces dernières années par l’extrême droite pour comprendre que lesmêmesméthodes servent actuellement aux coalitions anti-israël sur les campus. Nous reproduisons ici tels quels, fautes d’orthographe et tout, les conseils de Stormfront à ses partisans : « Souvenez-vous de dire « sionistes » ou « israel Firsters » à la place de « juifs » dans vos discours ou vos articles…Il est tout à fait possible de rester dans les limites de la loi tout en promouvant notre cause. » vii
Des groupes comme Stormfront ont bien compris que dénigrer les juifs en s’attaquant à israël est une méthode généralement jugée acceptable au Canada aujourd’hui. Contrer cette attitude pose le défi suivant : « Aujourd’hui on nie encore l’existence de l’idéologie universelle du nouvel antisémitisme… il attaque le point faible de l’attitude occidentale bien ancrée qui n’aime pas les juifs ou ce que fait israël pour défendre son droit d’exister. » viii
Ce « point faible de l’attitude occidentale » est peutêtre le plus grand obstacle à une campagne rigoureuse pour contrer l’antisémitisme.Quand l’indifférence d’une société envers les victimes de l’antisémitisme vient s’ajouter à la réticence innée des victimes elles-mêmes à signaler leurs expériences, la porte est ouverte à la perpétuation du problème. Comme le disait récemment le chef du Service de police de Brantford (Ontario) Derek v. McElvany : « trop de citoyens ont peur de signaler des crimes haineux. » ix Cette remarque vient appuyer des constatations déjà faites par la police et les sociologues voulant qu’environ 10 % seulement des victimes d’abus, tous types confondus, signalent les attaques dont elles ont été victimes.x
Les omissions de signalement ne peuvent qu’être exacerbées par un nouveau phénomène identifié dans le Rapport de cette année : les victimes d’antisémitisme – comme celles d’autres types de racisme – ont souvent fait l’objet de représailles après leurs efforts pour parler en faveur de questions de droits de la personne qui les touchent, elles, leurs familles ou leurs communautés. il est à craindre que ce type de rétorsion décourage les efforts faits pour établir l’étendue véritable de l’activité antisémite au Canada, entraînant une sous-évaluation de l’importance du problème et une planification gouvernementale et communautaire inadéquates des services aux communautés vulnérables.
C’est pourquoi les initiatives gouvernementales actuelles, comme les mesures de financement prises par le gouvernement ontarien pour soutenir financièrement les services aux victimes de crimes haineux, sont les bienvenues et devraient être imitées à travers le pays. La Ligue a reçu une subvention en vertu de ce programme pour organiser un forum en septembre 2008 sur l’amélioration du soutien aux victimes de crimes haineux. De même, en acceptant de subventionner les institutions communautaires vulnérables qui peuvent craindre le vandalisme raciste ou des attaques liées au terrorisme, le gouvernement fédéral a fait un premier pas important pour assumer ses responsabilités envers la sécurité de tous ses citoyens au lieu de les laisser porter seuls ce fardeau comme s’ils n’étaient pas desmembres égaux et à part entière de la société.
La réaction de la société en général importe aussi. Le professeur Shiraz Dossa, un intellectuel de l’université St. Francis Xavier en Nouvelle-Écosse, qui s’est rendu à l’infâme conférence sur le déni de l’Holocauste en iran à la fin de 2006 s’est attiré les critiques de son université et de personnalités. Quand les autorités prennent position, au lieu d’esquiver le problème en invoquant la « liberté de parole », elles font un pas en avant important dans la lutte contre la haine et le sectarisme. En effet, le Sénat du Canada, sur l’initiative d’un de ses membres, l’honorable jerahmiel S. Grafstein, a adopté une « résolution condamnant la Conférence sur le déni de l’Holocauste », un message clair et fort que de telles activités haineuses ne sont pas les bienvenues. La comparaison de cet incident avec l’attitude largement passive de la Commission Bouchard-Taylor du Québec envers l’expression libre d’une haine envers les communautés minoritaires du Québec suffit à souligner combien il est nécessaire de s’élever contre la haine, où et de quelquemanière qu’elle semanifeste.
La montée en flèche des incidents antisémites en novembre 2007, au plus fort des audiences de la Commission, et le fait que plus des deux tiers de ces incidents sont survenus au Québec ne peuvent pas être dus au hasard. Si certains mémoires sur des questions pertinentes ont utilisé un langage respectueux et mesuré, les audiences ont agi comme un aimant sur l’intolérance et le sectarisme. C’est pourquoi Guy Lachapelle, professeur de sciences politiques à l’Université Concordia, reconnaissant la nature délétère des procédures, a demandé l’abolition immédiate de la Commission devenue la tribune des xénophobes.xi
Malheureusement, au lieu de ramener le calme, le processus a attisé les flammes de la discorde, nourrissant et amplifiant toutes les idées fausses et tous les préjugés possibles et donnant largement la parole à l’ignorance et au racisme. Au lieu de neutraliser le poison du Manifeste de Hérouxville xii de janvier 2007– l’événement qui aurait déclenché la création de la Commission – et de civiliser un débat provincial parfois dégoûtant sur la question des accommodements raisonnables, les audiences ont par inadvertance insufflé une nouvelle vie aux préjugés et aux peurs de la population.
De façon plus générale, une offensive se dessine du côté des droits religieux de tous les groupes minoritaires, à preuve les mémoires soumis à la Commission par des dirigeants syndicaux en faveur d’une « charte de la laïcité » qui interdirait à tout fonctionnaire – des juges aux enseignants en passant par le personnel hospitalier – le port de symboles ou de vêtements religieux. Cela comprendrait l’interdiction aux juifs orthodoxes de porter la kippa, aux sikhs de porter un turban ou aux musulmanes de porter le hidjab.
Une enquête d’attitudes publiée en février 2008 confirme qu’il y a tout lieu de s’inquiéter et renforce les constatations du Rapport pour ce qui est de la situation au Québec. Le sondage de Léger Marketing commandé par l’Association d’études canadiennes éclaire non seulement les attitudes troublantes desQuébécois envers les groupes minoritaires en général mais aussi leurs préjugés latents – parfois ouverts – envers la communauté juive.
Selon les résultats de l’enquête, 41 % pour cent des Québécois étaient d’accord que « les juifs veulent imposer leurs coutumes et leurs traditions aux autres » par comparaison à 11 % pour cent seulement ailleurs au Canada.Demême, 42%n’étaient pas d’accord avec l’énoncé « les juifs veulent pleinement participer à la société », une hypothèse que 72 % des autres Canadiens partageaient. Plus d’un tiers desQuébécois contestait que « les juifs ont fait une contribution importante à la société », une affirmation que partageaient presque les trois quarts des autres Canadiens.xiii
Ces résultats ne signifient pas que les préjugés envers les juifs existent seulement au Québec; le nombre d’incidents antisémites a aussi augmenté dans d‘ autres provinces en 2007 et plus de la moitié sont survenus en Ontario. il est clair qu’il reste du travail à faire à travers le Canada pour combattre le racisme, sensibiliser le public et soutenir les victimes. Le portrait d’ensemble brossé dans ce Rapport devrait toutefois pousser les Canadiens à jeter bas la tour d’ivoire que certains ont bâtie pour essayer de nous convaincre que le racisme n’est qu’un inconvénient avec lequel il faut vivre et qu’il n’est plus un fléau qu’il faut combattre avec tous les moyens dont nous disposons.
iCombattre l’antisémitisme en Europe, résolution 1563 de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, juin 2007
http://assembly.coe.int/Main.asp?link=/Documents/AdoptedText/ta07/ERES1563.htm.
iiAntisemitic Incidents Report 2007 (Londres, Royaume-Uni: Community Security Trust, 2008); Rapport du Service de Protection de la Communauté Juive (Paris, France: Le Conseil Représentatif des Institutions juives de France, 2008); 2007 Audit of Anti-Semitic Incidents (États-Unis: Anti-Defamation League, 2008, http://www.adl.org/main_Anti_Semitism_Domestic/Audit_2007.htm); Antisemitism in Australia and Eurasia – 2007 (Kyiv: Euro-Asian Jewish Congress, 2008); Contemporary Global Anti-Semitism: A Report Provided to the United States Congress (Washington, D.C: Département d'État des États Unis, 2008); Antisemitism: 2007 Hate Crime Survey (New York, NY: Human Rights First, 2007).
iiiRt. Hon. Dr. Dennis MacShane MP, Chair of the All-Party Parliamentary Inquiry into Anti-Semitism, “The New Anti-Semitism”, Washington Post, A17, 4 septembre, 2007. Pour le texte complet du Rapport, voir http://thepcaa.org/Report.pdf.
ivVoir Human Rights First, supra note ii.
vMatthew Lauder, “News Media Perpetuation of Racism in a Democratic Society”, CanCon Archives,
http://www.canadiancontent.ca/articles/071502mediaracism.html, cité dans A. Marguerite Cassin, Tamara Krawchenko & Madine VanderPlaat, Racisme et discrimination au Canada : Lois, politiques et pratiques, Multiculturalisme et
Droits de la personne, rapports de recherche no 3, direction de la Politique sociale, de la recherche et de la planification, Programme dumulticulturalisme
et des droits de la personne (Ottawa, Ont. :ministère du Patrimoine canadien, 2007).
viDépartement d’État des États-Unis, supra note ii.
viiStormfront Canada. – cité dans le Rapport des incidents d’antisémitisme 2003 ((Toronto : Ligue des droits de la personne de B’nai Brith Canada, 2004), http://www.bnaibrith.ca/publications/audit2003/audit2003-05.html.
viiiVoir MacShane, supra note iii.
ixMarshall Shapiro, “Hate crimes new focus of Crime Stoppers”, Jewish Tribune, p. 3, 27 mars, 2008.
xVoir, par example, Status Report, Hate Crime Team, Vancouver Police Department, janvier 1999 à juin 2000. Voir aussi Les crimes haineux au Canada : un aperçu des questions et des sources de données(Ottawa, ON: Statistique Canada, 2001), http://hatemonitor.csusb.edu/other_countries_laws/HateCrime-English.pdf.
xiHubert Bauch, “Tarnished image from reasonable accommodation hearings?”, CanWest News Service, 11 novembre, 2007.
http://www.canada.com/topics/news/national/story.html?id=1e85ac5e-3624-4c6e-9b45-196c333bd690&k=73941.
xiiLemanifeste de Hérouxville (Hérouxville Qué.: Municipalité de Hérouxville, 2007), signé par lemaire et six conseillers municipaux,
http://municipalite.herouxville.qc.ca/Standards.pdf.
xiiiLysiane Gagnon, “Quebec: Why so intolerant?”, Globe and Mail, A15, 10 mars, 2008. Pour les résultats de l’enquête :
http://www.acsaec.ca/index.php?option=com_polls&xlang=Englis&year=2008.
Les incidents qui impliquent ou reflètent une tendance mondiale croissante vers une rhétorique antisioniste virulente ne sont inclus que s’ils comportent un élément antijuif évident. Cela exigerait que la personne ou le groupe victime soit visé sur une base quasi irrationnelle simplement à cause de son nom juif ou de son apparence juive ou de ce qui est perçu comme une affiliation avec israël ou un soutien à ce pays.
